Sun Ultra 30

Nouvel article dans la série de remise en route de mes antiquités, maintenant avec ma Sun Ultra 30. Cette machine a une signification particulière pour moi. C’est la première station UNIX que j’ai acquise en 2004. Achetée sur eBay, il se trouve qu’elle appartenait à un développeur d’OpenBSD français. Ce fut le premier pas dans cet univers des stations de travail, qui me faisaient tant rêver dans les années 90 et début 2000.

L’Ultra 30 était le milieu de la gamme Sun Microsystems lors de sa sortie en 1997 : monoprocesseur UltraSPARC II 250 ou 300MHz, deux emplacements de disques Ultra SCSI avec connecteurs SCA, jusqu’à 2 Go de RAM, cartes graphiques Creator, Creator3D ou Elite3D. De leur côté, les Ultra 5 et 10 représentaient l’entrée de gamme, introduisant des composants du monde PC comme les disques IDE pour réduire les coûts. Le haut de gamme était quant à lui occupé par l’Ultra 60, globalement une Ultra 30 biprocesseur.

A l’époque où je l’ai récupérée, Solaris 10 était en beta et allait sortir quelques mois plus tard. Cette machine peut le faire fonctionner sans problème. Pas dans les meilleures conditions cependant, mieux vaut une machine plus puissante, mais ça fonctionne.

Après l’avoir utilisée quelques temps comme desktop pour « jouer » avec le port OpenBSD/sparc64, cette machine a ensuite servi de firewall pour les 200+ utilisateurs de ma résidence étudiante entre 2007 et 2008. Avec PF c’était la machine idéale pour faire de la répartition de charge sur 3 accès internet (2xADSL et 1xSDSL), et gérer quelques VLANs. Lorsque j’ai quitté la résidence, j’ai remplacé le firewall et récupéré la station qui a pris le rôle de serveur de brimbelle.org vers 2008-2010.

Au fil du temps je l’ai faite pas mal évoluer : ajout de RAM (pendant longtemps 1Go) disques durs : 18, 36, 72Go, puis carte Quad Fast Ethernet…

Depuis, hormis quelques tests ponctuels, elle n’avait plus beaucoup servi malheureusement, étant mise de côté à la suite de mes déménagements. Il était temps de la remettre en route.

Mais après avoir été stockée dans ma cave humide dans mon précédent logement, puis depuis quelques années, dans mon grenier (et subi les -10° des hivers vosgiens…) j’avais quelques peurs, qui se sont révélées exactes.

Tout d’abord, pas de chance, la pile de la NVRAM était morte (située sous l’alimentation, avec l’étiquette orange sur la photo). Heureusement, ces composants sont toujours produits, et disponibles à faible coût sur nos sites chinois favoris. La référence M48T59Y-70PC1 fonctionne parfaitement.

Ensuite, après réinstallation d’OpenBSD pour repartir sur un OS moderne, je me suis rendu compte qu’il y avait des plantages étranges et récurrents. Au début, je soupçonnais un moins bon support de X sur sparc64, car je me suis rappelé que depuis OpenBSD 5.4 et la transition vers KMS/DRM uniquement disponible pour les architectures i386 et amd64, il n’y avait plus d’accélération graphique. Mais par la suite, en installant Solaris, je me suis rendu compte que le problème était tout autre.

C’est en effet un souci de RAM que j’avais. Heureusement, le message de panic Solaris est bien fait. Il prévient que le souci se situe au niveau des barrettes en position U0901/U1001, c’est à dire les barrettes 3 et 4 du premier bank de RAM.

Les barrettes sont en effet numérotées par la contraction de leur position : dans l’ordre U07, U08, U09 et U10, et ensuite du numéro du bank 01, 02, 03, 04.

Ne voulant pas repartir sur un échec :D, il se trouve que j’ai trouvé par hasard 4 barrettes de 128MB à très bon prix sur Le Bon Coin. J’en ai donc profité pour upgrader la machine à 1.28Go de RAM, après retrait des barrettes HS.

Il fallait maintenant passer à la réinstallation d’un OS. Et malheureusement, un peu dans le même esprit que ma SPARCclassic, les applications complexes comme les navigateurs sont devenus tellement des usines à gaz, que le choix d’un navigateur moderne pour OpenBSD/sparc64 de nos jours est assez limité. Globalement Dillo ou Netsurf, sans support JavaScript, donc très limité pour aller sur internet aujourd’hui. Rien que faqs.org réclame du JS pour son captcha de validation :'(.

Je me suis donc dit qu’installer Solaris 2.6 serait assez fun, qui correspond à l’OS disponible lorsque l’Ultra 30 est sortie (avec Solaris 2.5.1). Par ailleurs, c’est la dernière version de Solaris pour architecture sun4u en 32 bits. Sun étant passé à un noyau 64 bits à partir de Solaris 7. Je suis donc parti sur cet OS.

Etonnamment, on trouve encore des tas de vieilles applications pour cet OS sur internet :
archive.org
fsck.technology

Mais aussi quelques passionnés qui maintiennent des outils récents comme OpenSSH ou OpenSSL sur différentes versions de Solaris, dont 2.6 ! Les tgcware sont un must ! Je vous encourage à aller y faire un tour.

C’est la fin de ce second article dédié à ma Sun Ultra 30, qui âgée de bientôt 30 ans, revit une seconde jeunesse !
A bientôt pour le prochain épisode.

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